L'interactionnisme symbolique, qui a profondément influencé la sociologie de Chicago, trouve ses racines philosophiques dans le pragmatisme de John Dewey, inauguré par Charles Peirce et William James, mais il a été principalement développé par George Herbert Mead (1963). L'interactionnisme symbolique a souligné la nature symbolique de la vie sociale : les significations sociales doivent être considérées comme « produits par les activités interagissantes des acteurs » (Blumer, 1969, p. 5). L'interactionnisme symbolique prend donc le contre-pied de la conception durkheimienne de l’acteur. Durkheim, s’il reconnaît la capacité qu’a l’acteur de décrire les faits sociaux qui l’entourent, considère que ces descriptions sont trop vagues, trop ambiguës pour que le chercheur puisse en faire un usage scientifique, ces manifestations subjectives ne relevant d’ailleurs pas, selon lui, du domaine de la sociologie. À l’inverse, l’interactionnisme symbolique soutient que c’est la conception que les acteurs se font du monde social qui constitue, en dernière analyse, l’objet essentiel de la recherche sociologique. ■ Développement. Mead est considéré comme l’inspirateur de l’interactionnisme symbolique, bien que l’expression ait été employée pour la première fois en 1937 seulement par Blumer. Voulant faire la synthèse entre l’approche individuelle et l’approche macrosociologique, Mead pensa que la notion de «soi » pouvait remplir ce rôle, à condition de considérer le « soi» comme l’intériorisation du processus social par lequel des groupes d’individus interagissent avec d’autres. L’acteur apprend à construire son « soi », et ceux des autres, grâce à son interaction avec les autres. L'action individuelle peut alors être considérée comme la création mutuelle de plusieurs « soi » en interaction. Ainsi les « soi » acquièrent une signification sociale, deviennent des phénomènes sociologiques, qui constituent la vie