avaient creuse des abimes de silence autour de chacune d'elles.Il quittait femmes et maison pour venir se joindre a la grande vie du monde.Omar les connaissait peu, et seulement depuis que l'homme Comandar avait commence a lui en reveler les secrets.Ses jambes, coupees a hauteur du genou, il les conservait dans des loques, caparaconnees de bandes de caoutchouc rouge.Comandar tirait son nom d'une longue carriere militaire, qui lui avait valu l'amputation des jambes.De retour a Bni Boublen, il ne s'adressa plus aux hommes et aux betes que d'une voix vibrante.Il dominait la grand- route et, par-dela la route, la dechra 1 des fellahs, lieu dit aussi Bni Boublen.Sous son terebinthe, au milieu de la terre comme sur une arche, il denombrait les creatures qui la peuplaient.Durant l'Ancienne Guerre, il avait entendu l'appel des hommes qui voulaient vivre.Il l'y aurait surement trouve, assis a l'oree des terres de Kara, sous le grand terebinthe, tressant de l'alfa selon son habitude.Lui-meme etait reste couche trois jours et trois nuits avec des cadavres et avait senti la decomposition le gagner.Il eut couru la ou se dressait sa hutte si le crepuscule n'etait venu a longues foulees prendre possession de la campagne.L'homme Comandar avait eu les jambes sectionnees au cours de l'Ancienne Guerre.Le vieil homme Comandar prononcait les paroles qu'il fallait avoir devantLes deux moignons ressemblaient par l'epaisseur et l'aspect a des troncons de colonne.Il s'etait rendu compte qu'il ne pouvait rien contre lui.Depuis qu'on l'appelait Comandar, son vrai nom s'etait perdu dans les memoires.Pour tout ce qui respirait, il n'avait qu'estime et respect.Ce fut a lui que pensa l'enfant aussitot en arrivant.Bni Boublen !