l faut distinguer deux temps.Les Britanniques veulent en effet que les Arabes se revoltent contre l'Empire ottoman et deviennent ainsi leurs allies.Or les territoires revendiques par le cherif Hussein representaient finalement l'ensemble du monde arabe, excepte l'Egypte, de la Turquie a Aden, sur le Golfe Persique et a la Mer rouge ; donc l'ensemble de la peninsule avec les pays devenus aujourd'hui l'Irak, le Liban, la Syrie, la Transjordanie, la Palestine et l'Arabie Saoudite.Mais quelques jours apres la fin de la correspondance Hussein-Mac Mahon, les Britanniques vont discuter avec la France du partage des influences au Proche-Orient.Les colons qui, aujourd'hui, habitent Hebron disent qu'ils reoccupent les maisons que les Juifs avaient en 1929.La situation est donc deja tres tendue en 1929 et les Britanniques, qui avaient ouvert la voie a l'immigration juive, mettent en place une politique beaucoup plus restrictive aussi bien sur l'immigration que sur l'achat des terres.L'achat des terres est d'ailleurs organise par le mouvement sioniste car, dans l'esprit des sionistes, c'est ce qui doit servir de base economique et politique a l'Etat juif de Palestine.En Palestine, il y a une population arabe, majoritairement musulmane, avec une minorite chretienne, qui voudrait avoir l'independance comme les autres ; mais il y a la realite de ce foyer national juif qui represente a peu pres 12 ou 13 % de la population avec une declaration Balfour desormais enterinee par ce qu'on pourrait appeler la communaute internationale.Je resume en deux mots : d'abord, des promesses contradictoires pendant la guerre ; ensuite, une conference qui decide du destin des peuples et deux Etats qui ont decide des frontieres : la France et la Grande-Bretagne.Cette affaire est extremement importante.Le 2 novembre 1917, Lord Balfour affirme au mouvement sioniste qui existe depuis une vingtaine d'annees que le gouvernement de sa Majeste envisage favorablement l'etablissement d'un foyer national pour le peuple juif ; quelques lignes plus loin, il est dit qu'on ne portera atteinte ni aux droits civils ni aux droits religieux des collectivites non juives existant en Palestine.Il y avait des revendications nationalistes de la part d'une elite mais je ne crois pas qu'on puisse parler d'un nationalisme palestinien comme aujourd'hui.La societe palestinienne etait tres segmentee, organisee en clans avec des divisions internes tres importantes, avec notamment les deux grandes familles, les Nashashibi et les Husseini.La revendication arabe etait complexe.En Transjordanie, par exemple, des 1923, on voit apparaitre un Etat sous tutelle britannique ; en 1932, l'Irak est independant mais sous la meme tutelle.Par contre, pour la Palestine, la conference de San Remo a repris, pratiquement mot a mot, la promesse Balfour pour l'inserer dans un document international ; et dans la charte du mandat que la SDN etablit pour la Palestine, on retrouve encore la declaration Balfour.En 1922, lorsque le mandat commence, nous avons une situation tout a fait differente des autres pays.Au Sud, le port de Bassorah avait une importance strategique.Dans ce partage, la France obtenait ce qu'on appellera plus tard la Syrie et le Liban ainsi que Mossoul, c'esta-dire la zone qui est aujourd'hui le nord de l'Irak et une partie de la Turquie.Quant a la Palestine, la carte indique quelle doit etre placee sous controle international.Ils ont donc negocie avec tous les acteurs et ont fait des promesses aux uns et aux autres, tout a fait contradictoires.En 1915, la Grande-Bretagne a mene une negociation avec le leader arabe de La Mecque, Hussein : c'est la correspondance Mac Mahon-Hussein qui conduit les Britanniques a promettre, malgre certaines ambiguites, la creation d'un Etat arabe au lendemain de la guerre.Aux Arabes, ils promettent tout ; aux Francais un partage de la region ; et au mouvement sioniste, un foyer national juif en Palestine alors qu'a ce moment, il y a 10 ou 12 % de Juifs en Palestine ; certains sont la depuis tres longtemps mais la plupart se sont installes dans les premieres colonies qui datent de 1882.La carte precise la revendication sioniste : elle concerne toute une partie de la Palestine jusqu'a la ligne de chemin de fer qui va vers le Hedjaz, c'est-a-dire vers l'Arabie et inclut au nord les sources aquiferes et toutes les reserves d'eau de ce qui sera le Liban.L'affaire se regla tres vite : Mossoul passe sous mandat britannique et est integre au mandat irakien et la Palestine qui devait etre sous controle international passe sous controle britannique.Entre-temps, il y a eu l'autre promesse, a la fois fondamentale et sans doute fondatrice des malheurs de cette region, la declaration Balfour.Les Italiens se retirent du jeu assez vite ; les Americains sont presents avec le president Wilson, ce qui va susciter beaucoup d'esperance parmi les peuples de la region, notamment chez les Armeniens, les Kurdes et les Arabes.La conference de paix recut de nombreuses delegations (arabe, sioniste, armenienne, kurde...) qui viennent exposer leurs revendications.On voit bien se dessiner les problemes qui se poseront plus tard, l'occupation du Sud- Liban et celle du Golan pour controler toute cette zone au nord de la Galilee.Ces revendications sont donc contradictoires et l'on tranche a San Remo, en avril 1920, en faveur des puissants.Une elite palestinienne aspire a l'independance de la Palestine d'autant plus que les regions environnantes se structurent autour d'un Etat, sur un territoire determine.Par contre, les Arabes de Palestine ont refuse l'immigration juive car ils la percoivent comme un danger alors qu'ils sont chez eux, sur leurs terres.Il reste une zone entre la Palestine et l'Irak que les Britanniques erigent en territoire a part : ce sera la Transjordanie qui va du Jourdain jusqu'a la frontiere de ce qui va devenir l'Irak.Si l'on met de cote l'Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe, on constate que partout le principe du mandat a triomphe.Un probleme semantique s'est pose puisque > peut se traduire par droits politiques ; mais, en definitive, le terme droits politiques n'a jamais ete repris.De ce premier point, retenons que les Britanniques ont fait des promesses contradictoires. Des heurts dramatiques ont lieu aussi a Hebron : des Juifs sont assassines par des Arabes de la ville, en meme temps que d'autres protegent les Juifs (les Palestiniens ne manquent pas de le rappeler aujourd'hui a Hebron).Le texte parle de droits civils et religieux mais n'evoque pas de droits politiques.Il y aura ensuite des negociations avec la France qui voulait que, dans le mandat, les droits politiques soient inseres.Faycal, le leader de l'epoque, qui est le fils d'Hussein de La Mecque et qui avait participe a la conference de Paris, avait des revendications tres precises : il voyait la Palestine comme une partie du royaume arabe et donc en fait une partie de la Syrie.C'est la seule concession qui leur est faite a ce moment en ce qui concerne la Palestine.Mais assez rapidement Londres cherche a remettre en question ce partage.