Comme il faisait froid !>> Elle frotta promptement le reste du paquet, car elle tenait a garder sa grand'mere, et les allumettes repandirent un eclat plus vif que celui du jour.Le jour de l'an se leva sur le petit cadavre assis la avec les allumettes, dont un paquet avait ete presque tout brule.L'une fut reellement perdue ; quant a l'autre, un gamin l'emporta avec l'intention d'en faire un berceau pour son petit enfant, quand le ciel lui en donnerait un. La petite fille cheminait avec ses petits pieds nus, qui etaient rouges et bleus de froid ; elle avait dans son vieux tablier une grande quantite d'allumettes, et elle portait a la main un paquet.Elle avait, il est vrai, des pantoufles en quittant la maison, mais elles ne lui avaient pas servi longtemps : c'etaient de grandes pantoufles que sa mere avait deja usees, si grandes que la petite les perdit en se pressant de traverser la rue entre deux voitures.Elle prit la petite fille sur son bras, et toutes les deux s'envolerent joyeuses au milieu de ce rayonnement, si haut, si haut, qu'il n'y avait plus ni froid, ni faim, ni angoisse ; elles etaient chez Dieu.La petite pouvait voir jusque dans une chambre ou la table etait couverte d'une nappe blanche, eblouissante de fines porcelaines, et sur laquelle une oie rotie, farcie de pruneaux et de pommes, fumait avec un parfum delicieux.Son pere la battrait ; et, du reste, chez elle, est-ce qu'il ne faisait pas froid aussi ?Elle en tira une : ritch !Helas !