Abstract Dès le début du xxe siècle, parmi les activités qui vont ébranler le paysage culturel occidental, figure celle de l'art dit "primitif". Dans l'élaboration de ses fins, l'art occidental moderne rencontre des difficultés qui préfigurent les contradictions que connaissent les sociétés européennes. Dans le domaine des arts plastiques, de la musique, du théâtre, de la littérature, des problèmes nouveaux surgissent et reçoivent des solutions inattendues, remettant en cause non seulement certaines théories de l'esthétique occidentale, mais également la pratique de l'institution muséale. La (re)découverte des arts dits primitifs par le monde culturel et artistique européen au début du siècle est l'une des sources fondatrices de cette situation. Notre propos consistera à repérer comment, à la réception et à la mise en valeur des arts non européens dans le discours esthétique occidental, le concept d'art primitif s'est transformé en concept artistique et muséographique. Repérer aussi précisément que possible les indices qui ont présidé à la transmutation de ce concept en art premier et évaluer son implication dans la pratique muséale en Afrique. /// At the start of the 20th century, the discovery of so-called "primitive" art shook Western culture.