La constitution, la conservation et l'evaluation des ressources genetiques ne sont pas des taches de collectionneur d'objets ou d'oeuvres immuables a simplement maintenir, etiqueter et repertorier.Cette comprehension facilitee par un vocabulaire le moins restrictif possible aidera l'action des specialistes des ressources genetiques confrontes a d'autres plantes.Ce vocabulaire n'est pas destine a remplacer les termes precis neces- saires pour chaque description (barriere reproductive, decalage de florai- son, sterilite hybride, groupe de plante particulier...) mais a montrer que chaque analyse revelera, a travers des modalites biologiques specifiques d'un complexe d'especes donne, un meme principe d'organisation.Ces zones de diversite il les verra alors comme des temoignages de centres actifs de creation et d'entretien de variations par les jeux de 'hybridation et de la selection face a un environnement heterogene et variable cette conception fera parler de centres d'origine de la diversite.Outre la transformation globale de l'etat spontane vers l'etat cultive, il a diversifie les formes cultivees, maintenu et renouvele soigneusement cette diversite (seule l'a- griculture recente, mecanisee et energetiquement gaspilleuse, a conduit a la fabrication de varietes uniformes, vulnerables et assistees) DARWIN avait note un autre element de la dynamique des formes culti- vees et spontanees.Des milieux tres structures peuvent permettre cette diversite apparente, discontinue pour des caracteres d'adaptation primordiaux, mais construite de facon stationnaire, a condition que les flux de genes et/ou les recombi- naisons genetiques soient limitees (sans etre supprimees).Ce n'est qu'en projetant l'idee d'une evolu- tion, d'une dynamique, qu'a ce recueil statique il fera correspondre un ensemble de formes en mouvement, organisees sans cesse au cours du temps.Meme si les formes sauvages initiales dont derivent les formes cultivees ne sont pas reconnues ou identifiees par le botaniste, il est impossible de considerer que ces formes sont d'une rarete extreme ou localisees dans des zones encore inexplorees.Enfin on doit a une certaine genetique des populations moderne l'idee suivante: l'organisation dynamique des diversites genetiques par des formes couplees et apparemment tres differenciees (malgre l'absence de barriere reproductive integrale) peut resulter de situations ecologiques independantes de l'action domesticatrice directe de l'homme.Il sera conduit a denombrer des unites taxonomiques qu'il appellera des especes (avec une denomina- tion et des cles de determination) et des formes intermediaires qu'il appel- lera des hybrides interspecifiques, et a definir ainsi en certains points du globe, des zones de diversite.Pour conclure on s'interrogera sur la maniere dont on peu recueillir et preserver, dans toute leur dynamique, les elements essentiels de ressources genetiques des plantes utiles constituees par ces complexes.La diversite d'un groupe de plantes cultivees donne (par exemple le mil cultive et les formes sponta- nees voisines, ou les cafeiers) est une diversite dynamique, mobile, en evolution sans cesse recreee, perdue, reorganisee.Ceci peut avoir lieu par la recuperation de structures hereditaires nouvelles propres a l'adaptation spontanee (exemples de mecanismes nouveaux d'egrenage spontane dans le complexe des sorghos, la forme stapfii chez le riz).L'homme a pu conduire, en confrontation, ces couples de formes (culti- vees-spontanees) identifiables dans une multitude de contextes differents et a travers l'histoire de ses migrations.HARLAN parle de non centres pour decrire les confrontations spontanees-cultivees entretenues pour certaines plantes tout au long d'etendues considerables (le mil ou les sorghos en Afrique par exemple).2.3.5.