Introduction Appréciée par certains, redoutée par d'autres, la communication orale peut être très utile dans différentes situations. Dans le monde de la recherche, la fonction première des présentations orales est de diffuser de nouvelles connaissances. Ce moyen de communication a le potentiel de rejoindre un plus vaste public que ne pourrait le faire un article scientifique. Ce n'est toutefois pas suffisant. Il faut également convaincre nos auditeurs que nos travaux sont intéressants et qu'ils méritent qu'on leur accorde du temps pour en prendre connaissance. Croyez-le ou non, même si vous ne vous considérez pas (encore !) comme un orateur de talent, vous êtes des experts de la communication orale ! En effet, vous avez, pour la plupart, assisté à des dizaines (voire des centaines) de présentations jusqu’à maintenant. Vous avez une compréhension intuitive de ce qui fait qu’une présentation est bonne ou mauvaise. Les caractéristiques communes aux présentations captivantes sont les suivantes : un présentateur passionné, de belles diapositives pas trop chargées, un propos clair et structuré, un bon timbre de voix énergique, un rythme facile à suivre et un contenu intéressant. Une mauvaise présentation est caractérisée par tout le contraire : un présentateur désorganisé, un timbre de voix monotone, des diapositives surchargées de détails, un présentateur qui parle trop vite ou qui ne regarde pas l'auditoire et un contenu insipide. Plus la présentation est mauvaise, moins l'auditoire se souviendra de la présentation. Contrairement à la communication écrite, plusieurs chercheurs n'apprécient pas la communication orale à sa juste valeur. Combien de fois nous sommes-nous surpris à soupirer à l'idée de devoir assister à une présentation PowerPoint ? Pourtant, les présentations orales devraient être une source de motivation et d'intérêt chez les chercheurs. L'anticipation de se trouver coincé à écouter une présentation abrutissante nous empêche de nous concentrer sur le message. En perpétuant de mauvaises façons de présenter devant un auditoire, on contribue à cette perception négative des présentations orales. Une erreur majeure est de traiter la communication orale comme si c'était une communication écrite. Bien que dans les deux cas on veuille communiquer un message, on ne peut pas s'y prendre de la même façon, car ces deux modes de communication sont très différents. Par exemple, il est préférable de mettre moins de détails dans une présentation orale que dans un article scientifique, car un auditoire n'aura généralement pas la chance de réécouter certaines parties moins claires d'une présentation orale. Pour éviter de créer une présentation faible et peu efficace, il n'y pas de secret : il faut mettre beaucoup d'efforts, ce que la plupart des gens sous-estiment. En moyenne, on devrait accorder d'une à deux heures par minute de présentation (e.g. de 15 à 30 heures de préparation pour une présentation de 15 minutes). Ceci peut sembler excessif, mais c'est absolument nécessaire si on veut contrôler tous les aspects de la communication orale. Le présent atelier explore les différents aspects de la communication orale en mettant l'emphase sur les bonnes pratiques à adopter. Les aspects suivants seront abordés : s'adresser à un auditoire, structurer son propos, bien débuter et terminer une présentation, créer des diapositives pertinentes, porter attention aux éléments humains et gérer le stress et les situations difficiles.